Le Marathon de Paris 2026 supprime toutes les bouteilles et tous les gobelets de ses ravitaillements. Les 60 000 coureurs devront s’hydrater autrement le 12 avril prochain. Mais un détail dans le dispositif fait grincer des dents.

Ce qui change concrètement
Vous avez l’habitude d’attraper un gobelet au vol en passant devant une table de ravitaillement ? C’est terminé. Plus aucun contenant jetable ne sera distribué sur les 42,195 km du parcours cette année.
L’organisation (ASO) demande à chaque coureur de se présenter au départ avec son propre système d’hydratation. Flasque souple, gobelet pliable, sac d’hydratation : le choix est libre, mais le contenant est obligatoire.
La mesure a été décidée en partenariat avec la Ville de Paris. L’objectif : supprimer environ 400 000 bouteilles en plastique.

Comment s’hydrater sans gobelet sur un marathon ?
C’est la question que tout le monde se pose. Et c’est normal.
L’organisation a prévu 13 points de ravitaillement répartis sur le parcours : 9 complets (nourriture et boisson) et 4 points d’eau, plus un ravitaillement complet à l’arrivée. Deux points supplémentaires distribueront une boisson électrolyte (Ta Energy) à verser dans son contenant personnel.
Le principe est simple :
- Des bénévoles rempliront les contenants des coureurs ;
- Des rampes à eau avec bouton-poussoir permettront un remplissage en autonomie ;
- Le débit annoncé : moins de 2 secondes pour remplir une flasque de 350 à 400 ml.
Le nombre de ravitaillements a été revu à la hausse, surtout sur la deuxième moitié du parcours. En cas de chaleur, des dispositifs d’arrosage viendront compléter le système.
Le dispositif a déjà été testé au Marathon de Lyon en octobre 2025 et au Semi de Paris en mars 2026.
Le détail qui fait débat
Voilà la partie qui risque de vous surprendre.
Tous les coureurs ne seront pas logés à la même enseigne. Ceux qui visent un temps inférieur à 2h50 bénéficieront d’un traitement différent. L’organisation leur fournira des bidons pré-remplis d’eau, récupérables sur des zones dédiées le long du parcours. En clair : ils n’auront pas besoin de s’arrêter à une rampe ni de remplir quoi que ce soit.
Ce système est directement inspiré de celui des athlètes élites. Il sera accessible aux coureurs du sas préférentiel, avec un départ au plus tard à 8h03 et une allure maintenue à 4 minutes et 1 seconde par kilomètre maximum.
En 2025, 688 coureurs avaient franchi la ligne sous les 2h50. Les autres (soit l’immense majorité des 60 000 inscrits) devront se débrouiller avec les rampes à eau et leur propre flasque.
Autre détail à connaître : les bidons fournis devront obligatoirement être déposés dans des zones de collecte, situées environ 150 mètres après chaque point de ravitaillement. Si vous ne respectez pas cette règle, la sanction est claire : disqualification.
Au-delà des temps de passage définis, le dispositif bidons est retiré. Les coureurs concernés basculent alors vers le système classique.
Nos conseils pour ne pas subir le jour J
Choisir le bon contenant
Ce point est à ne pas négliger. Une flasque souple de 350 à 400 ml semble être le meilleur compromis. Légère, facile à tenir en main, rapide à remplir.
Les sacs d’hydratation fonctionnent bien sur de longues distances, mais ajoutent du poids et peuvent gêner la foulée à haute intensité. Le gobelet pliable reste une option, mais il est plus lent à remplir qu’une flasque.
S’entraîner avec son matériel
Courir avec une flasque dans la main pendant 42 km ne s’improvise pas. Le corps s’adapte, mais il faut plusieurs sorties longues pour trouver la bonne prise en main, le bon contenant et le bon volume.
Planifier sa stratégie d’hydratation
Avec 13 points de ravitaillement, la distance entre deux postes sera réduite. Mais il faudra anticiper :
- Repérer sur la carte les emplacements des ravitaillements ;
- Ne pas sauter un poste sous prétexte de gagner du temps ;
- Boire régulièrement de petites quantités plutôt qu’une grande gorgée tous les 5 km.
Tester le système avant la course
Le mieux reste de participer à une course ou une sortie longue avec le même matériel que celui prévu le jour du marathon. Les surprises le jour J sont les pires ennemies du chrono.
Ce qu’il faut retenir
Le Marathon de Paris 2026 fait un pari : concilier écologie et performance sur l’une des plus grandes courses du monde. Le système a été testé, le nombre de ravitaillements augmenté, les rampes annoncées comme rapides.
Mais la différence de traitement entre les coureurs sub 2h50 et tous les autres pose une question simple. Quand on paye entre 135 et 179 euros pour un dossard, est-il normal de ne pas bénéficier du même service que les plus rapides ?
Le 12 avril donnera la réponse.