Saviez-vous que plus d’une personne sur 10 souffre de calculs biliaires ? Pourtant, cette affection reste mal connue du grand public. Alors, qu’est-ce que les calculs biliaires exactement ? Comment se forment-ils ? Quels sont leurs symptômes et complications possibles ? Et surtout, comment les traite-t-on ? Plongeons ensemble dans les méandres de la vésicule biliaire pour mieux comprendre cette pathologie courante.
Qu’est-ce que la vésicule biliaire ?
Avant d’aborder les calculs biliaires, faisons connaissance avec l’organe où ils se forment : la vésicule biliaire. Ce petit réservoir en forme de poire, de la taille d’un œuf, se niche juste sous le foie. Son rôle ? Stocker et concentrer la bile, liquide digestif essentiel sécrété par le foie.
Lorsque vous mangez, surtout des aliments gras, la vésicule se contracte. Elle déverse alors la bile dans l’intestin grêle via les canaux biliaires. Là, ce « détergeant » naturel émulsifie les graisses alimentaires en minuscules gouttelettes, facilitant leur digestion.
Mais il arrive que des substances présentes dans la bile, comme le cholestérol ou la bilirubine, précipitent et forment des cristaux solides : ce sont les fameux calculs biliaires.
Comment se forment les calculs biliaires ?
Dans la majorité des cas, les calculs biliaires sont constitués de cholestérol. Normalement, la bile contient suffisamment de substances chimiques pour maintenir le cholestérol dissous. Mais chez certaines personnes, l’équilibre est rompu.
Plusieurs facteurs peuvent favoriser la cristallisation du cholestérol dans la bile :
- Une bile trop riche en cholestérol ;
- Une bile trop pauvre en sels biliaires, qui aident à dissoudre le cholestérol ;
- Une vidange incomplète de la vésicule, laissant la bile stagner et se concentrer.
Résultat : le cholestérol en excès s’agrège en cristaux, puis en calculs de taille variable. Certains sont minuscules comme des grains de sable. D’autres peuvent atteindre plusieurs centimètres de diamètre !
Plus rarement, les calculs biliaires sont pigmentés, formés par la précipitation de bilirubine. La bilirubine est un déchet issu de la dégradation des globules rouges. Normalement, elle est éliminée dans la bile. Mais en cas d’excès (maladies du foie, certaines anémies…), elle peut aussi former des calculs.
Quels sont les facteurs de risque ?
Certaines personnes ont plus de probabilités que d’autres de développer des calculs biliaires. Les principaux facteurs de risque sont :
- Le sexe féminin, surtout après plusieurs grossesses ;
- L’âge (le risque augmente après 40 ans) ;
- L’obésité ou le surpoids ;
- La sédentarité ;
- Un régime riche en graisses et pauvre en fibres ;
- Certains médicaments (contraceptifs oraux, traitements hormonaux…) ;
- Des maladies comme le diabète, les maladies inflammatoires de l’intestin…
- Des facteurs génétiques.
Bref, les calculs biliaires aiment la quarantaine bedonnante ! Mais rassurez-vous, avoir un ou plusieurs facteurs de risque ne signifie pas que vous développerez forcément des calculs. Inversement, on peut en avoir même sans facteur de risque identifié.
Les symptômes des calculs biliaires
La plupart du temps, les calculs biliaires ne causent aucun symptôme et passent totalement inaperçus. On parle de lithiase biliaire asymptomatique. C’est souvent par hasard, lors d’une échographie pour une autre raison, qu’on les découvre. Dans ce cas, aucun traitement n’est nécessaire.
Mais les choses se corsent lorsqu’un calcul quitte la vésicule et s’engage dans les canaux biliaires. Il peut alors bloquer le canal cystique qui relie la vésicule à l’intestin, ou le canal cholédoque qui transporte la bile du foie à l’intestin. C’est la fameuse « crise de colique hépatique » .
Une colique hépatique se manifeste par :
- Une douleur soudaine et intense dans le haut-droit de l’abdomen, irradiant parfois vers l’omoplate droite ;
- Des nausées et vomissements ;
- Une douleur aggravée par les repas gras.
La crise dure en général de 1 à 5 heures, puis la douleur disparaît… jusqu’à la prochaine fois ! Car une fois qu’on a fait une colique hépatique, le risque de récidive est important.
Les complications des calculs biliaires
Outre les coliques hépatiques récidivantes, les calculs biliaires peuvent entraîner des complications plus sérieuses :
- Une cholécystite aiguë : le calcul bloque le canal cystique, la bile stagne dans la vésicule qui s’infecte et s’enflamme. Fièvre, frissons et douleur persistante au niveau de la vésicule sont au rendez-vous.
- Une angiocholite : le calcul obstrue le canal cholédoque, la bile ne peut plus s’écouler. Elle reflue alors vers le foie, causant une infection des voies biliaires. Fièvre, frissons, ictère (jaunisse) et douleurs sont caractéristiques. C’est une urgence médicale.
- Une pancréatite aiguë : le calcul bloque l’abouchement du canal pancréatique dans le duodénum. Les enzymes digestives du pancréas, bloquées, « digèrent » le pancréas lui-même, causant une inflammation aiguë très douloureuse et potentiellement grave.
Heureusement, la plupart des calculs biliaires ne causeront jamais de complication. Mais lorsque les symptômes sont présents ou qu’une complication survient, il faut traiter !
Le traitement des calculs biliaires symptomatiques
Vous souffrez de calculs biliaires et ils vous gâchent la vie ? Votre médecin vous proposera très certainement une intervention chirurgicale appelée cholécystectomie. En clair, il s’agit de retirer purement et simplement votre vésicule, ce réservoir à bile qui fait des siennes.
Pas de panique ! On vit très bien sans vésicule. Votre foie continuera à produire la précieuse bile pour digérer les graisses de vos repas. Mais au lieu de la stocker, il l’enverra directement dans votre intestin grêle, 24 heures sur 24. Un flux continu pour une digestion sans accroc.
La bonne nouvelle, c’est que cette opération se fait aujourd’hui par cœlioscopie dans la plupart des cas. Fini la grande ouverture du ventre façon « charcuterie » . Place à la chirurgie mini-invasive ! Le chirurgien glisse une mini-caméra et des instruments tout fins dans votre abdomen via de petits trous de quelques millimètres. Il peut ainsi couper les attaches de la vésicule et l’extraire délicatement, tout en contrôlant ses gestes sur un écran.
L’avantage ? Une récupération express ! Vous pourrez généralement quitter l’hôpital dès le lendemain et reprendre vos activités en un rien de temps. Fini les longues convalescences douloureuses. La cœlioscopie, c’est la chirurgie des temps modernes.
Bien sûr, il existe des alternatives pour certains cas particuliers. Si vos calculs se baladent dans le grand canal cholédoque ou si votre santé est trop fragile pour supporter une anesthésie, votre médecin aura d’autres options dans sa manche.
Il pourra vous proposer de « casser » les calculs par des ondes de choc, sans même vous ouvrir. C’est la lithotripsie extracorporelle. Ou encore de les dissoudre avec des médicaments pris par la bouche, si vos calculs sont riches en cholestérol. Mais attention, c’est un traitement au long cours (6 mois à 2 ans) et les récidives sont fréquentes.
Enfin, tel un petit ramoneur, votre gastro-entérologue peut aussi aller déloger les calculs coincés dans le cholédoque en passant par les voies naturelles. Un endoscope introduit par la bouche jusqu’à l’intestin et le tour est joué ! Une prouesse technique qui évite la chirurgie.
Votre médecin discutera avec vous de la meilleure option dans votre situation. L’essentiel est de ne pas laisser des calculs symptomatiques sans traitement, car le risque de complications n’est pas négligeable.