On pense souvent que les adolescents mangent mal parce qu’ils passent trop de temps sur leur téléphone, parce qu’ils sautent des repas ou parce qu’ils ne font pas assez de sport.
Mais une nouvelle étude(1) suggère que le problème pourrait commencer bien avant.
Avant l’alimentation.
Avant l’activité physique.
Avant même la motivation.
Le problème pourrait commencer… dans leur lit.
Une équipe de chercheurs du Penn State College of Medicine a observé un phénomène simple mais inquiétant : plus les adolescents se couchent tard et se lèvent tard, plus leur comportement alimentaire et leur niveau d’activité se dégradent.
Et ce n’est pas qu’une question de fatigue.

Ce qui change quand les adolescents dorment tard
Les chercheurs ont suivi 373 adolescents âgés de 12 à 23 ans. Ils ont analysé plusieurs paramètres :
- Heure de coucher ;
- Heure de réveil ;
- Durée de sommeil ;
- Régularité du sommeil ;
- Qualité du sommeil.
Les résultats montrent que les adolescents qui se couchent après minuit et se réveillent après 8h :
- Consomment plus de calories ;
- Mangent davantage de glucides ;
- Grignotent plus souvent ;
- Sautent plus fréquemment le petit déjeuner ;
- Bougent moins ;
- Passent plus de temps assis.
Ces comportements apparaissent de manière cohérente dans l’ensemble des données analysées.
Mais ce n’est pas tout.
Les adolescents qui ont un sommeil irrégulier, avec des nuits très courtes suivies de nuits plus longues, présentent aussi des niveaux d’activité physique plus faibles.
Autrement dit, ce n’est pas seulement la durée du sommeil qui compte.
L’heure et la régularité jouent aussi un rôle majeur.
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Le rôle du rythme biologique
Le sommeil n’est pas qu’une question de repos.
Il influence aussi :
- La faim ;
- Le métabolisme ;
- L’énergie ;
- L’envie de bouger.
Le rythme biologique interne régule ces mécanismes sur un cycle de 24 heures. Lorsque ce rythme est décalé, les comportements alimentaires changent.
Les adolescents qui se lèvent tard ont tendance à :
- Sauter le petit déjeuner ;
- Manger plus tard ;
- Grignoter en soirée ;
- Choisir des aliments moins équilibrés.
Ce décalage crée ensuite un cercle vicieux : manger tard peut aussi perturber le sommeil suivant.
L’école aggrave encore la situation
Les chercheurs ont observé un point particulièrement intéressant.
Les effets négatifs du sommeil tardif sont deux fois plus forts pendant les périodes scolaires.
Pourquoi ?
Parce que les adolescents doivent se lever tôt malgré leur rythme biologique naturellement plus tardif.
Cela entraîne :
- Dette de sommeil ;
- Fatigue ;
- Baisse de l’activité physique ;
- Augmentation du grignotage.
Pendant les vacances, ces effets diminuent, mais le grignotage reste élevé.
Une autre donnée inquiétante sur le sommeil des adolescents
Cette étude arrive dans un contexte déjà préoccupant.
Des recherches récentes montrent que les adolescents dorment de moins en moins depuis la fin des années 2000, avec une hausse importante du sommeil insuffisant et du sommeil très court.
Or le manque de sommeil chez les adolescents est déjà associé à :
- Troubles métaboliques ;
- Risque cardiovasculaire ;
- Dépression ;
- Baisse des performances scolaires.
Le sommeil apparaît donc comme un facteur central de santé chez les jeunes.
Et pourtant, il reste souvent ignoré.
Ce que cette étude change vraiment
On sépare souvent trois piliers de la santé :
- Alimentation ;
- Activité physique ;
- Sommeil.
Mais cette étude montre qu’ils sont liés.
Modifier le sommeil pourrait influencer :
- Ce que les adolescents mangent ;
- Combien ils mangent ;
- Leur niveau d’activité physique.
Autrement dit, améliorer le sommeil pourrait indirectement améliorer l’alimentation et l’activité physique.
Et tout commence par une chose très simple.
L’heure du coucher.
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Sources éditoriales et fact-checking