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Étude · Physiologie

Ménopause : pourquoi les femmes en surpoids souffrent plus

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Bouffées de chaleur, troubles du sommeil, sautes d’humeur. La ménopause touche des millions de femmes chaque année. Et pour certaines d’entre elles, ces symptômes sont bien plus violents que pour d’autres.

La question, c’est pourquoi.

Pourquoi deux femmes du même âge, au même stade hormonal, ne vivent pas du tout la même ménopause ? La réponse pourrait se trouver à un endroit que beaucoup ne soupçonnent pas.

Ce que personne ne regarde (ou presque)

Quand on parle de ménopause, on pense immédiatement aux hormones. La chute des oestrogènes. Le corps qui change. Les nuits entrecoupées de sueurs.

Mais les hormones n’expliquent pas tout.

Une étude publiée dans la revue Frontiers in Medicine(1) s’est penchée sur un facteur rarement mis en avant : le poids corporel. Plus précisément, l’indice de masse corporelle (l’IMC, c’est le rapport entre le poids et la taille au carré, il sert à estimer si une personne est en sous-poids, en poids normal, en surpoids ou en obésité).

L’équipe de chercheurs du Hangzhou Women’s Hospital (rattaché à l’Université de médecine de Zhejiang, en Chine) a recruté 1 371 femmes âgées de 40 à 60 ans entre juin 2022 et juin 2025. Toutes étaient en périménopause ou en postménopause.

Les résultats ne sont pas ceux que l’on attendait.

76,6 % des femmes touchées par un même symptôme

Premier constat : les symptômes vasomoteurs (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes) étaient de loin les plus fréquents dans cette cohorte. Plus de 3 femmes sur 4 en souffraient.

Mais ce n’était pas le seul problème. D’autres troubles apparaissaient en masse :

  • Dysfonction sexuelle (72,4 %) ;
  • Fatigue (72 %) ;
  • Insomnies (71,8 %) ;
  • Sautes d’humeur (66,3 %).

En clair : la grande majorité des femmes étudiées ne souffraient pas d’un seul symptôme, mais de plusieurs en même temps. Un effet domino que les chercheurs ont voulu expliquer.

Le vrai facteur est ailleurs

Là où l’étude devient vraiment intéressante, c’est dans l’analyse par catégorie de poids.

Les chercheurs ont utilisé les critères chinois de classification de l’IMC et mesuré la sévérité des symptômes avec l’indice de Kupperman modifié (un questionnaire médical qui note chaque symptôme de 0 à 3 selon son intensité).

Résultat : la proportion de femmes présentant des symptômes ne changeait pas vraiment d’un groupe de poids à l’autre. Autrement dit : être en surpoids ou obèse ne rendait pas plus susceptible de développer des symptômes de la ménopause.

Mais leur intensité, elle, changeait.

Les symptômes qui s’aggravent avec le poids

Les femmes avec un IMC plus élevé présentaient des scores significativement plus hauts sur plusieurs symptômes précis :

  • Bouffées de chaleur et sueurs nocturnes (symptômes vasomoteurs) ;
  • Sautes d’humeur ;
  • Dysfonction sexuelle ;
  • Troubles urinaires.

En résumé : ce n’est pas le fait d’avoir des symptômes qui change avec le poids. C’est leur violence.

Le rôle de la graisse abdominale

L’étude a aussi pris en compte le rapport taille-hanches (c’est le tour de taille divisé par le tour de hanches, il reflète la quantité de graisse stockée au niveau du ventre).

Même après ajustement sur ce paramètre, les associations entre l’IMC et la sévérité de certains symptômes restaient significatives. Les chercheurs précisent toutefois que les tailles d’effet (c’est la mesure qui indique à quel point la différence observée est grande en pratique) étaient modestes.

Ce point est important. Cela signifie que le surpoids aggrave bien certains symptômes, mais que ce n’est pas le seul facteur en jeu.

Pourquoi le surpoids empire les choses

La baisse des oestrogènes pendant la ménopause modifie le métabolisme des graisses. Le corps brûle moins d’énergie au repos, l’appétit augmente et la graisse se redistribue vers le ventre.

Ce phénomène, appelé adiposité viscérale, crée un cercle vicieux. La graisse abdominale perturbe la régulation de certaines hormones (comme la leptine et l’insuline) et entretient un état inflammatoire chronique de bas grade. Ce contexte favorise l’intensification des bouffées de chaleur, des troubles de l’humeur et des perturbations du sommeil.

En clair : plus la graisse s’accumule au niveau abdominal, plus les symptômes de la ménopause peuvent devenir difficiles à supporter.

Les limites de cette étude

Quelques réserves sont nécessaires.

Il s’agit d’une étude transversale (les données sont recueillies à un seul moment, contrairement à une étude longitudinale qui suit les mêmes personnes sur plusieurs années). Ce type de design ne permet pas de prouver un lien de cause à effet. On observe une association, pas une causalité.

De plus, les participantes venaient toutes d’un même centre hospitalier à Hangzhou, en Chine de l’Est. Les résultats ne sont pas forcément généralisables à d’autres populations.

Ce qu’il faut retenir

  • L’IMC n’augmente pas la probabilité d’avoir des symptômes de la ménopause ;
  • Mais il est associé à une sévérité accrue de certains symptômes : bouffées de chaleur, sautes d’humeur, troubles sexuels et urinaires ;
  • Les tailles d’effet restaient modestes après ajustement ;
  • Le contrôle du poids, et en particulier de la graisse abdominale, pourrait aider à atténuer l’intensité de certains symptômes.

Une piste concrète pour les femmes qui approchent ou traversent cette période : surveiller son tour de taille pourrait avoir un impact direct sur le quotidien.

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