Le diabète de type 2 est un problème de santé publique majeur, avec plus de 537 millions de personnes touchées dans le monde en 2021. Ce chiffre devrait atteindre 783 millions d’ici 2045. L’activité physique régulière, et notamment la marche, est associée à un risque réduit de développer un diabète de type 2. Cependant, peu d’études se sont intéressées à l’impact de la vitesse de marche sur ce risque. Une méta-analyse récente publiée dans le British Journal of Sports Medicine a examiné cette question(1).

Méthodologie de la méta-analyse
Les chercheurs ont effectué une revue systématique des études observationnelles évaluant l’association entre la vitesse de marche et le risque de diabète de type 2. Au total, 10 études de cohorte prospectives portant sur 508 121 participants ont été incluses.
La vitesse de marche était mesurée soit objectivement lors de tests de marche chronométrés, soit par auto-déclaration dans des questionnaires. Le diabète de type 2 était identifié soit par des mesures de glycémie, soit par des questionnaires validés ou des dossiers médicaux.
Les participants étaient répartis en 4 catégories de vitesse de marche :
- Marche lente/facile : < 3,2 km/h ;
- Marche normale/moyenne : 3,2 – 4,8 km/h ;
- Marche assez rapide : 4,8 – 6,4 km/h ;
- Marche rapide/en foulées : > 6,4 km/h.
Le risque de diabète de type 2 était comparé entre ces catégories, la marche lente servant de référence. Des méta-analyses en effets aléatoires ont été réalisées.
Principaux résultats
Par rapport à une marche lente, la marche assez rapide était associée à une réduction de 24 % du risque de diabète de type 2. La marche rapide était associée à une réduction encore plus importante, de 39 %.
Chaque augmentation de 1 km/h de la vitesse de marche était associée à une diminution de 9 % du risque. L’analyse dose-réponse suggère un seuil minimal de 4 km/h (équivalent à 100 pas/minute chez la femme et 87 pas/minute chez l’homme) pour observer une réduction significative du risque.
Ces associations persistaient dans les analyses prenant en compte le volume total d’activité physique, suggérant un effet propre de la vitesse de marche.
Discussion
Cette méta-analyse est la première à évaluer spécifiquement le lien entre vitesse de marche et risque de diabète de type 2. Plusieurs mécanismes pourraient expliquer l’association observée :
- La vitesse de marche est un indicateur de la condition physique (masse musculaire plus importante) et de la santé globale (meilleure condition physique cardio respiratoire).
- Une vitesse plus rapide reflète généralement un meilleur niveau d’activité physique.
- La marche rapide stimule davantage le métabolisme et la dépense énergétique.
- Elle est associée à une meilleure sensibilité à l’insuline et à une perte de poids.
L’ajustement en fonction de l’indice de masse corporelle a légèrement atténué l’association, suggérant qu’une partie de l’effet est liée à une réduction de l’adiposité. Cependant, la majeure partie de l’effet apparaît indépendante de la perte de poids.
Ces résultats sont cohérents avec d’autres travaux montrant qu’une vitesse de marche plus élevée est associée à une réduction de la mortalité et de plusieurs maladies chroniques.
Limites
Certaines limites sont à prendre en compte :
- La plupart des études présentaient un risque de biais important, principalement dû à une mauvaise prise en compte de facteurs de confusion potentiels.
- Le sens de la relation (causal ou non) ne peut être établi dans ce type d’études observationnelles.
- Des biais de classement et de mesure ont pu survenir, surtout dans les études basées sur des questionnaires.
Malgré ces réserves, la relation dose-réponse et la persistance de l’association dans plusieurs analyses de sensibilité renforcent la robustesse des résultats.
Le mot de la fin
Ces résultats soutiennent l’intégration de recommandations sur la vitesse de marche dans les directives sur l’activité physique. Encourager une marche d’intensité modérée à soutenue pourrait accroître les bénéfices pour la santé de la marche.
Des études supplémentaires sont nécessaires pour confirmer la relation causale et identifier la vitesse de marche optimale pour la prévention du diabète de type 2. La vitesse de marche pourrait aussi constituer un outil simple de prédiction du risque de diabète.
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Sources éditoriales et fact-checking