Mâcher du chewing-gum est une pratique courante pour des millions de personnes à travers le monde. Que ce soit pour rafraîchir l’haleine, calmer une fringale ou simplement par habitude, le chewing-gum fait partie intégrante de notre quotidien. Mais connaissons-nous vraiment les tenants et aboutissants de cette petite friandise ? Voyons cela ensemble dans cet article.

Une longue histoire de mastication
L’histoire du chewing-gum remonte à des temps immémoriaux. Déjà dans l’Antiquité, les Grecs mâchaient de la résine de mastic pour blanchir leurs dents et parfumer leur haleine. Les Mayas, quant à eux, appréciaient la sève d’un arbre appelé le “Sapodilla” . Cette gomme naturelle, le “chicle” , est d’ailleurs à l’origine du chewing-gum moderne.
C’est au 19ème siècle que le chewing-gum prend son envol avec l’invention du dentiste William Semple. Il brevète la première gomme à mâcher à base de caoutchouc et d’autres ingrédients. Depuis, l’industrie du chewing-gum n’a cessé de se développer pour devenir le marché florissant que l’on connaît aujourd’hui, pesant plusieurs milliards de dollars.
Composition : de quoi est-il fait ?
Mais au fait, de quoi sont faits nos chewing-gums préférés ? La base de tout chewing-gum est la gomme, une substance non digestible et élastique qui donne cette texture si particulière. Autrefois naturelle, elle est aujourd’hui souvent synthétique. S’y ajoutent des résines pour renforcer la structure, des adoucissants pour conserver le moelleux, et des agents de charge comme le carbonate de calcium pour la texture.
Côté goût, tout est une question d’arômes et d’édulcorants. Sucre, sirop de maïs et polyols comme le xylitol donnent leur saveur sucrée aux chewing-gums, tandis que les versions sans sucre utilisent des édulcorants de synthèse comme l’aspartame. Les arômes, naturels ou artificiels, apportent les notes fruitées, mentholées ou épicées que nous apprécions tant.
Certains ingrédients font toutefois débat. C’est le cas du butylhydroxytoluène (BHT), un antioxydant controversé, ou encore du dioxyde de titane utilisé comme colorant. Si leur utilisation est autorisée et limitée, certains fabricants préfèrent s’en passer pour rassurer les consommateurs.
Santé bucco-dentaire : ami ou ennemi ?
Le chewing-gum est souvent présenté comme un allié de notre hygiène bucco-dentaire. En stimulant la production de salive, il aide en effet à neutraliser les acides produits par les bactéries après les repas, limitant ainsi les risques de caries et d’érosion de l’émail. La salive favorise aussi l’élimination des débris alimentaires, pour une bouche plus propre.
Les chewing-gums sans sucre à base de xylitol auraient même un effet bénéfique supplémentaire. Des études ont montré que le xylitol réduisait la quantité de Streptococcus mutans, les bactéries responsables des caries, ainsi que la plaque dentaire. Certains chewing-gums ont d’ailleurs reçu le sceau d’acceptation de l’American Dental Association.
Attention toutefois à ne pas remplacer le brossage des dents par le chewing-gum ! S’il peut être un complément intéressant, il ne dispense en aucun cas d’une bonne hygiène dentaire classique. De plus, les chewing-gums sucrés restent à consommer avec modération, le sucre étant le premier responsable des caries.
Autre point de vigilance : mâcher trop fréquemment ou trop longtemps peut solliciter excessivement les muscles de la mâchoire et les articulations temporo-mandibulaires. Cela peut entraîner des douleurs, voire aggraver des problèmes préexistants. Les dentistes recommandent donc de limiter la mastication à 15-20 minutes par prise.
Digestion : quel impact ?
Outre ses effets sur la sphère buccale, le chewing-gum interagit aussi avec notre système digestif. En augmentant la production de salive et en stimulant la mastication, il favoriserait la motilité gastro-intestinale. Certaines études suggèrent même qu’il pourrait aider à réduire les ballonnements et les reflux acides.
Le chewing-gum serait aussi un allié inattendu des patients opérés de l’intestin. En accélérant la reprise du transit, il diminuerait le risque d’occlusion post-opératoire et réduirait la durée d’hospitalisation. Des résultats prometteurs qui restent à confirmer à plus grande échelle.
Mais gare aux abus ! Les chewing-gums contenant des polyols comme le sorbitol ou le xylitol peuvent avoir un effet laxatif en cas de surconsommation. Ils sont d’ailleurs déconseillés aux personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable. Quant à l’aspartame, il est contre-indiqué aux personnes atteintes de phénylcétonurie.
Et que se passe-t-il si l’on avale son chewing-gum ? Rassurez-vous, contrairement à la croyance populaire, il ne restera pas sept ans dans votre estomac. Indigeste, il sera évacué tel quel dans les selles en 40h environ, comme tout ce que nous ne digérons pas. Seule précaution : éviter d’en avaler trop d’un coup, cela pourrait créer un blocage intestinal.
Perte de poids : mythe ou réalité ?
Certains voient dans le chewing-gum un allié minceur inattendu. En occupant la bouche et en stimulant la salivation, il aiderait à contrôler les fringales et à réduire les grignotages. Une étude a même montré que les mastiqueurs consommaient 68 kcal de moins par jour que les autres. Mais attention, cet effet coupe-faim ne fonctionne pas chez tout le monde. Certaines personnes auront au contraire encore plus faim, stimulées par l’augmentation de la salivation !
Mâcher du chewing-gum permettrait aussi de brûler quelques calories supplémentaires, 11 kcal par heure de mastication selon les estimations. Rien de spectaculaire donc, d’autant que cet effet serait en partie compensé par une moindre dépense énergétique le reste de la journée. Le chewing-gum n’est clairement pas un remède miracle pour perdre du poids !
Concentration : quel effet sur le cerveau ?
Améliore-t-il vraiment nos capacités cognitives comme on l’entend souvent ? Si les études ne sont pas toutes concordantes, il semblerait que oui. Mâcher du chewing-gum stimulerait certaines zones du cerveau impliquées dans l’attention et la mémoire. Cela augmenterait la vigilance et aiderait à rester concentré plus longtemps, notamment en fin de journée.
Le chewing-gum agirait aussi comme un anti-stress naturel. La mastication régulière et rythmée aurait un effet apaisant, réduisant le niveau de cortisol. Pratique pour gérer une situation stressante ou un coup de fatigue !
Mais là encore, les effets varient selon les individus et le contexte. Mâcher du chewing-gum pendant un exercice complexe pourrait au contraire nous distraire et réduire nos performances. À utiliser donc au bon moment !
Environnement : un impact à ne pas négliger
S’il peut avoir des bénéfices pour notre santé, le chewing-gum n’est pas sans conséquence pour la planète. Jetés n’importe où, les chewing-gums souillent nos trottoirs et nos rues. Rien qu’en France, 25 000 tonnes finiraient ainsi chaque année sur la voie publique. Un vrai fléau pour les villes qui doivent les retirer à grands frais.
Non biodégradables, les gommes mettent des années à se décomposer, libérant au passage leurs composants synthétiques dans l’environnement. Avalés par les animaux, les chewing-gums peuvent aussi se retrouver tout au long de la chaîne alimentaire. Un impact écologique non négligeable pour un si petit objet.
Des solutions alternatives se développent, comme les chewing-gums biodégradables à base de gomme naturelle. Mais le meilleur déchet reste celui que l’on ne produit pas. Alors pensez-y deux fois avant de jeter votre chewing-gum n’importe où !
Ce qu’il faut retenir
Le chewing-gum n’est pas anodin pour notre santé et notre environnement. S’il peut avoir des bénéfices intéressants lorsqu’il est consommé avec modération, il peut aussi avoir des effets indésirables en cas d’abus.
